Choisir son chapeau 8 min de lecture

Quel chapeau choisir pour la chasse ou la pêche ?

Par Sébastien 24 October 2026
Quel chapeau choisir pour la chasse ou la pêche ?

Un chapeau, pour quoi faire au juste ?

Quel chapeau choisir pour la chasse ou la pêche ?

On le range parfois au rayon des accessoires, entre l'écharpe et les gants. C'est une erreur. Sur le terrain, le chapeau fait un vrai travail. Il arrête la pluie avant qu'elle ne coule dans le col. Il garde de l'ombre sur les yeux quand le soleil tape sur l'eau. Il protège du froid au petit matin et des ronces quand on traverse un taillis.

Il joue aussi sur une question que l'on oublie souvent : être vu, ou ne pas l'être.

Le chasseur et le pêcheur n'attendent d'ailleurs pas la même chose de leur couvre-chef. En battue, le chasseur veut être repéré de loin par ses voisins de ligne. Celui qui chasse à l'approche cherche au contraire à disparaître, et le pêcheur de truite aussi, à sa façon. Deux logiques opposées, parfois chez la même personne selon le jour de la semaine !

Ce guide fait le tour de la question. D'abord les critères qui valent pour toutes les sorties, puis le choix pour la chasse, puis pour la pêche. Viennent ensuite les matières, la question du chapeau unique, l'entretien et les erreurs classiques à l'achat.

Les critères communs à tout chapeau d'extérieur

Quel chapeau choisir pour la chasse ou la pêche ?

L'imperméabilité et la respirabilité

Commençons par l'eau, puisque c'est elle qui décide de la plupart des journées ratées.

Le feutre de laine est naturellement déperlant. Sous une averse, les gouttes perlent puis glissent. Sous une pluie qui dure trois heures, il finit par se gorger d'eau et par s'alourdir, sans pour autant laisser passer grand-chose jusqu'au crâne. Le coton ciré tient mieux encore, à condition d'avoir été reciré récemment. Les membranes techniques, elles, promettent une étanchéité totale et la tiennent en général.

Le piège est ailleurs : la condensation. Un chapeau parfaitement étanche mais qui ne respire pas transforme la tête en serre. Après une heure de marche en montée, on est trempé de l'intérieur. Mieux vaut un peu moins d'étanchéité et beaucoup plus de confort, surtout si l'on bouge.

La largeur du bord et la protection de la nuque

Un bord court, autour de 4 à 5 cm, reste discret et ne gêne pas l'épaulé du fusil. Il protège peu. Un bord moyen, 6 à 7 cm, offre déjà un vrai abri contre la pluie qui ruisselle dans le col. Un bord large, au-delà, devient un véritable parasol : précieux au bord de l'eau en juillet, encombrant dans les broussailles.

Certains modèles ont un cache-nuque amovible ou un bord qu'on peut rabattre à l'arrière. Ce détail paraît anodin en magasin. Après une matinée de crachin breton, beaucoup moins.

Le maintien sur la tête

Un coup de vent sur un lac, et le chapeau part. Sur un bateau, il est perdu. Dans un taillis, une branche le décroche à chaque pas. La jugulaire, le cordon ou la bande intérieure ajustable ne sont pas des gadgets.

Pour la taille, il faut mesurer son tour de tête au mètre ruban, à un doigt au-dessus des sourcils et en passant au-dessus des oreilles. Un conseil que l'on néglige souvent : si vous portez un bonnet fin ou une capuche dessous en hiver, prenez une demi-taille, voire une taille de plus.

Le silence et le confort

Une matière synthétique qui crisse au contact d'une branche, c'est un chevreuil qui file. Le feutre, la laine et le tweed sont silencieux. Le nylon rigide, beaucoup moins.

Restent les détails des longues journées : le poids, une bonne bande de propreté qui absorbe la transpiration, quelques œillets d'aération sur la calotte. Ce sont eux qui font qu'on oublie son chapeau au bout de six heures. Et c'est exactement ce qu'on lui demande.

Choisir son chapeau de chasse

Quel chapeau choisir pour la chasse ou la pêche ?

Chasse en battue : la visibilité avant tout

En chasse collective au grand gibier, la sécurité passe avant tout le reste. Les accidents de chasse ont fait évoluer la réglementation, et le port d'effets fluorescents est aujourd'hui très répandu, voire obligatoire selon le type de chasse. Les règles exactes dépendent de la réglementation en vigueur, du schéma départemental de gestion cynégétique et du règlement intérieur de l'association : vérifiez-les avant chaque saison.

Le gilet orange ne suffit pas toujours. Un chasseur posté derrière un talus ou accroupi dans la végétation ne laisse parfois dépasser que sa tête. Un couvre-chef orange ou fluo prend alors tout son sens. Casquette fluo, chapeau orné d'une large bande orange, modèle réversible camouflage d'un côté et orange de l'autre : chacun trouve sa formule. L'essentiel est que l'ensemble reste cohérent avec le gilet et avec les règles du territoire chassé.

Chasse à l'approche et à l'affût : la discrétion

Ici, tout s'inverse. L'objectif n'est plus d'être vu, mais de devenir une souche.

Les couleurs mates et neutres font merveille : vert loden, brun, kaki, gris tourbe. Le camouflage peut aider, encore faut-il qu'il corresponde au milieu. Un motif feuillu de forêt ressort étrangement au milieu d'un chaume de plaine, et c'est plus fréquent qu'on ne le croit. Un chapeau en feutre de teinte sombre, au bord moyen, reste une valeur sûre : il casse la silhouette du visage, ombre les yeux et limite les reflets de la peau.

Pensez enfin à la compatibilité avec une moustiquaire ou un masque facial. Un bord trop rigide les fait bâiller, et les moustiques des affûts de juin ne pardonnent rien.

Chasse au gibier d'eau et en milieu humide

Le marais au lever du jour, c'est l'humidité permanente, le vent et un froid qui rentre partout. L'imperméabilité doit être totale. Un bord arrière légèrement plus long protège la nuque quand on reste assis dans la hutte ou au gabion. Un modèle doublé fait vraiment la différence pendant ces heures d'attente immobile, quand les doigts ne sentent plus la détente.

Adapter le chapeau à la saison de chasse

L'ouverture, en septembre, se fait souvent sous un soleil franc. Un chapeau léger, aéré, en toile ou en feutre fin suffit largement. On transpire beaucoup en début de saison.

Au cœur de l'hiver, en revanche, il faut sortir l'artillerie lourde : feutre épais, doublure polaire, cache-oreilles rabattables. Le modèle type trappeur, avec ses rabats fourrés, n'a rien d'élégant. Par moins cinq degrés sur un poste exposé au nord, personne ne s'en plaint.

Les modèles traditionnels de chasse

Le chapeau tyrolien en feutre, avec sa calotte pincée et son cordon, a fait ses preuves dans les Alpes depuis des générations. Chaud, silencieux, il résiste bien aux intempéries. Son bord court protège un peu moins de la pluie.

Le chapeau loden, de son côté, séduit par sa laine foulée dense et sa couleur discrète. La casquette plate en tweed reste l'emblème de la chasse à l'anglaise : légère, peu encombrante, elle ne gêne pas l'épaulé. Elle laisse en revanche la nuque totalement exposée.

Et le béret ? On le sous-estime. Pour la chasse à la passée, au crépuscule, il est parfait : il ne bruisse pas, ne se prend dans rien et tient chaud. Il ne protège ni de la pluie dans le col ni du soleil, mais à la tombée du jour, ce n'est plus vraiment le sujet.

Choisir son chapeau de pêche

La pêche en eau douce : rivière, étang, lac

Le pêcheur de truite à la mouche ou au toc sait que le poisson voit bien plus qu'on ne l'imagine. Une silhouette claire qui se découpe sur le ciel, et le poste est grillé. Les teintes neutres s'imposent donc : olive, sable, brun.

Le bord joue un autre rôle, moins connu. Combiné à des lunettes polarisantes, il coupe la lumière parasite qui arrive par le haut et sur les côtés. On lit enfin l'eau : le fond, les veines de courant, la truite postée derrière son caillou. Sans bord, les polarisantes perdent une bonne partie de leur intérêt.

Pour la carpe et la pêche posée, la logique change. On reste parfois des heures, voire des nuits, au même endroit. Le confort prime : une coiffure légère, qui protège du soleil l'après-midi et de l'averse le soir. Le bob en coton épais coche souvent toutes les cases sans se faire remarquer.

La pêche en mer, du bord ou en bateau

Embruns, sel, vent qui tourne sans prévenir. En mer, la jugulaire n'est pas négociable. Les matières doivent supporter l'eau salée sans se raidir ni se décolorer au bout de trois sorties.

Le suroît, ce chapeau de marin en toile cirée à bord arrière très allongé, est un grand classique des marins-pêcheurs. Sous une pluie battante, avec un vent de travers, il reste difficile à battre : son bord arrière empêche l'eau de couler dans le dos.

Pour la pêche embarquée, un détail vaut de l'or : un modèle qui flotte. Un chapeau qui coule au premier coup de vent, c'est une pièce de qualité offerte aux crabes.

La protection solaire, critère sous-estimé

Beaucoup de pêcheurs rentrent d'une journée nuageuse avec un coup de soleil. Pourquoi ? Parce que l'eau réfléchit une partie des UV, et que cette réverbération peut les envoyer sous le bord de la casquette, là où elle ne protège pas le visage. L'exposition augmente, en mer surtout.

Les tissus certifiés UPF 50+, un bord large et un cache-nuque forment le trio gagnant. Certains pêcheurs préfèrent aussi un dessous de bord de teinte sombre, qui absorbe une part de la lumière renvoyée par l'eau et peut réduire la gêne visuelle. À vérifier sur le modèle choisi.

Les modèles phares du pêcheur

Le bob reste le compagnon polyvalent par excellence : léger, pliable, il se glisse dans une poche de gilet. Le chapeau à large bord de type boonie protège mieux, il est taillé pour les grandes journées d'été. La casquette à cache-nuque séduit les pêcheurs aux leurres qui veulent une visière nette pour viser et une nuque couverte. Le chapeau en coton ciré, enfin, prend le relais dès que le ciel se gâte.

Quelques détails pratiques font la différence au quotidien. Une bande en feutre ou en mousse pour piquer ses mouches. Une petite poche intérieure pour une licence ou quelques hameçons. Un bord rigide, qui ne s'affaisse pas sous la pluie, ou souple, qui se roule dans un sac. Tout dépend de la façon de pêcher.

Les matières : comparatif pour bien choisir

Chaque matière a son caractère. Aucune n'est parfaite, et c'est plutôt une bonne nouvelle : on choisit selon son usage, pas selon un classement abstrait.

Le feutre de laine est chaud, déperlant et tient sa forme des années. Il pèse un peu plus lourd. Le feutre de poil, de lapin ou de castor, est plus fin et plus dense, et il est généralement apprécié pour sa tenue à l'eau, mais il coûte plus cher. Le coton ciré offre une très bonne imperméabilité à condition de le recirer. La toile de coton et le lin brillent en été par leur légèreté et cèdent vite sous la pluie. Les tissus synthétiques techniques sèchent en un clin d'œil et protègent des UV, tout en vieillissant moins bien. Le tweed et le loden, enfin, portent la tradition : chauds, silencieux, faits pour les sous-bois.

Matière Usage idéal Saison Points forts Limites
Feutre de laine Chasse à l'approche, battue, pêche d'automne Automne, hiver Chaleur, déperlance, tenue dans le temps Poids, s'alourdit sous une pluie longue
Feutre de poil (lapin, castor) Usage intensif par tous les temps Toutes saisons fraîches Finesse, bonne tenue à l'eau, longévité Budget plus élevé
Coton ciré Pêche sous la pluie, marais, chapeau polyvalent Automne, hiver, printemps Imperméabilité, robustesse Recirage régulier, respire peu
Toile de coton, lin Pêche d'été, ouverture de la chasse Été Légèreté, fraîcheur Faible protection contre la pluie
Synthétique technique Pêche en mer, pêche sportive Printemps, été Séchage rapide, protection UV, souvent flottant Durabilité moindre, peut être bruyant
Tweed, loden Chasse traditionnelle, sous-bois Automne, hiver Chaleur, silence, discrétion Protection de la nuque limitée selon le modèle

Un seul chapeau pour la chasse et la pêche, c'est possible ?

La question revient souvent, et elle est légitime. Personne n'a envie d'empiler six chapeaux dans l'entrée.

Certains modèles s'en sortent remarquablement bien sur les deux tableaux. Un chapeau imperméable en coton ciré, au bord moyen, couleur olive ou brune, suit sans broncher une matinée au bord de la rivière comme un après-midi d'approche. Un feutre déperlant de teinte neutre fait aussi l'affaire, avec un peu plus de chaleur.

Il faut cependant accepter des compromis. Ce chapeau polyvalent ne remplacera jamais un couvre-chef orange en battue. Et en plein mois d'août, au bord d'un lac, il chauffera plus qu'un boonie en toile légère.

La solution la plus raisonnable ? Un bon chapeau polyvalent pour la majorité des sorties, complété par un modèle spécifique pour la pratique dominante. Le chasseur de battue ajoutera sa casquette fluo, le pêcheur estival son chapeau à large bord. Deux pièces bien choisies valent mieux que cinq achetées au hasard.

Entretenir son chapeau pour qu'il dure des saisons

Un chapeau bien fait peut accompagner son propriétaire pendant dix ou quinze ans. À condition de ne pas le maltraiter.

Un feutre mouillé se laisse sécher à l'air libre, posé sur sa calotte ou, mieux, sur une forme. Jamais sur le radiateur, jamais devant le poêle : la chaleur directe rétracte le feutre et le déforme pour de bon. C'est l'erreur la plus courante, et la plus définitive.

Une fois sec, le feutre se brosse dans le sens du poil avec une brosse douce. Le coton ciré demande, lui, un recirage une à deux fois par saison selon l'usage. Un après-midi tranquille au garage suffit.

Après une sortie en mer, un rinçage rapide à l'eau douce évite que le sel ne cristallise dans les fibres. Hors saison, rangez vos chapeaux à l'abri de l'humidité et des mites, dans une boîte ou un sac en tissu respirant. Une boule de cèdre au fond ne coûte rien et rend de vrais services.

Les erreurs à éviter au moment de l'achat

Choisir uniquement sur le style arrive en tête. Le chapeau qui plaît en vitrine n'est pas forcément celui qui tiendra sous l'averse de novembre ou dans le vent d'une sortie en mer. Pensez terrain et saison avant tout.

Négliger la taille et le maintien vient juste après. Trop serré, il donne mal à la tête en une heure. Trop large, il s'envole au premier coup de vent.

Autre faux pas : un camouflage inadapté. Le motif doit correspondre au milieu chassé, pas au catalogue.

Pour la pêche d'été, l'oubli de la protection solaire se paie le soir même, sur la nuque et les oreilles. Prévoyez aussi un chapeau de pluie pour les journées incertaines, plutôt que de compter sur la capuche du ciré.

Dernière erreur, et non des moindres : sous-estimer la qualité de fabrication. Un chapeau bon marché se remplace tous les ans. Un chapeau bien fait, en bonne matière, traverse les saisons et finit par prendre la forme de la tête de son propriétaire. Au bout du compte, il revient souvent moins cher.

FAQ

Le port d'un chapeau orange est-il obligatoire à la chasse ?

Pas systématiquement. La réglementation impose des effets fluorescents en chasse collective, notamment au grand gibier, mais le détail varie : certains départements ou associations exigent explicitement un couvre-chef orange, d'autres se contentent du gilet. Le plus simple consiste à consulter la réglementation en vigueur, le schéma départemental de gestion cynégétique et le règlement de votre territoire. Et même sans obligation, porter de l'orange sur la tête reste un réflexe de bon sens en battue.

Quel chapeau choisir pour pêcher sous la pluie ?

Le coton ciré et le suroît sont les deux références. Le premier convient à la rivière et à l'étang, le second excelle en mer ou sous une pluie battante, grâce à son bord arrière allongé qui protège la nuque. Dans les deux cas, choisissez une jugulaire et un bord assez large pour que l'eau tombe loin du col.

Un chapeau en feutre résiste-t-il vraiment à la pluie ?

Oui, dans une large mesure. Un feutre de qualité est naturellement déperlant et supporte très bien les averses. Sous une pluie continue de plusieurs heures, il finit par s'alourdir, sans pour autant laisser l'eau traverser franchement. Le feutre de poil est souvent réputé plus résistant que le feutre de laine. L'essentiel est de le laisser sécher correctement ensuite, loin de toute source de chaleur.

Quelle couleur de chapeau pour ne pas effrayer le poisson ?

Les teintes neutres et mates : olive, kaki, brun, sable, gris. Elles se fondent dans la végétation de la berge. Évitez le blanc et les couleurs vives, qui se découpent nettement sur le ciel, surtout en rivière claire où la truite se montre particulièrement méfiante.

Comment connaître sa taille de chapeau ?

Mesurez votre tour de tête avec un mètre ruban souple, à un doigt au-dessus des sourcils, en passant juste au-dessus des oreilles et sur l'arrière du crâne. Le résultat en centimètres correspond à la taille du chapeau. Entre deux tailles, prenez la plus grande : une bande intérieure ou un ruban de réduction permet toujours d'ajuster. Si vous comptez porter un bonnet ou une capuche dessous, prévoyez un peu de marge.

Le bon chapeau, c'est celui qui vous fait oublier la météo

Au fond, tout se résume à quelques questions simples. À la chasse : faut-il être vu ou disparaître ? À la pêche : le soleil, le vent et l'eau sont-ils les principaux adversaires ? La matière se choisit ensuite selon la saison et l'exposition, le feutre et le loden pour le froid, la toile pour l'été, le coton ciré pour la pluie.

Un chapeau de qualité, bien coupé et bien fini, est un investissement qui se mesure en années, parfois en décennies. Il se patine et se fait à la tête.

Pour choisir un modèle adapté à votre pratique, parcourez les chapeaux en feutre, les casquettes et les modèles de pluie de la Chapellerie Traclet, et demandez conseil à un chapelier sur la matière, la largeur de bord et la taille avant d'acheter. Votre tour de tête, votre terrain, vos habitudes : c'est à partir de là que l'on trouve le bon chapeau.