Choisir son chapeau 8 min de lecture

Bonnet en laine ou en cachemire : que choisir ?

Par Sébastien 25 September 2026
Bonnet en laine ou en cachemire : que choisir ?

Il fait 2 °C, le vent s'engouffre dans la rue et les oreilles commencent à piquer. C'est souvent à ce moment-là qu'on se décide enfin à acheter un vrai bonnet. Puis, devant le rayon, la même hésitation revient chaque année : laine ou cachemire ? L'un coûte trois fois plus cher que l'autre. Est-ce vraiment trois fois mieux ?

La réponse courte : pas forcément. La réponse longue, c'est tout l'objet de cet article.

Introduction : deux fibres nobles, deux usages différents

Bonnet en laine ou en cachemire : que choisir ?

Au moment de passer en caisse, quatre questions reviennent presque toujours. Combien ça coûte ? Est-ce que ça gratte ? Est-ce que ça tient vraiment chaud ? Et surtout, est-ce que ça va encore ressembler à quelque chose dans deux hivers ?

La laine et le cachemire répondent très différemment à ces quatre questions. Et c'est là que beaucoup d'acheteurs se trompent : ils comparent deux matières comme si l'une était simplement la version « premium » de l'autre. Ce n'est pas le cas.

L'angle retenu ici est simple. Plutôt que de désigner un gagnant absolu, mieux vaut choisir selon sa façon de vivre l'hiver. Quelqu'un qui prend le métro tous les matins n'a pas les mêmes besoins qu'un randonneur qui passe ses dimanches dans le Vercors. Et l'étiquette, aussi flatteuse soit-elle, ne dit pas tout.

Laine et cachemire : de quoi parle-t-on exactement ?

Bonnet en laine ou en cachemire : que choisir ?

La laine de mouton et ses déclinaisons (mérinos, laine d'agneau, shetland)

Le mot « laine » recouvre en réalité une famille entière. Sans précision, il désigne la toison du mouton. Mais entre deux races, la différence de toucher peut être spectaculaire.

La laine d'agneau provient de la première tonte de l'animal, vers six ou sept mois. Elle est plus fine, plus souple que celle d'un mouton adulte. La laine shetland, issue des îles écossaises du même nom, est rustique, un peu nerveuse, avec ce côté légèrement « vivant » sous les doigts qu'on retrouve dans les pulls de pêcheur. Chaude, robuste, mais pas franchement caressante.

Et puis il y a le mérinos. On y revient un peu plus bas, parce qu'il mérite qu'on s'y attarde.

Le cachemire : le duvet de la chèvre Hircus, une fibre rare

Le cachemire ne vient pas du mouton. Il provient de la chèvre Capra hircus, élevée principalement en Mongolie, en Chine (Mongolie intérieure) et, dans une moindre mesure, en Afghanistan ou en Iran. Ces animaux vivent sur des plateaux où l'hiver descend facilement sous les -30 °C.

Pour survivre, la chèvre développe sous ses longs poils de jarre un duvet extrêmement fin. C'est ce duvet, et uniquement lui, qu'on récolte au printemps par peignage, au moment de la mue.

Le rendement est dérisoire : une chèvre fournit en moyenne 150 à 200 grammes de duvet utilisable par an. Il faut donc souvent plusieurs animaux pour un seul pull. Pour un bonnet, on parle d'une chèvre, parfois deux. Voilà d'où vient le prix.

Finesse de la fibre en microns : le critère qui explique tout

S'il ne fallait retenir qu'un chiffre, ce serait celui-là. La finesse d'une fibre se mesure en microns (millièmes de millimètre), et elle conditionne à peu près tout : la douceur, la sensation de démangeaison, et même une partie de la résistance.

  • Laine de mouton classique : entre 25 et 40 microns selon les races.
  • Laine d'agneau : autour de 22 à 26 microns.
  • Mérinos : de 15 à 24 microns, avec des qualités « extra-fines » sous les 18.
  • Cachemire : 14 à 19 microns, et même 15 ou moins pour les meilleurs lots.

Pour comparaison, un cheveu humain tourne autour de 70 microns. Au-delà d'environ 30 microns, la peau commence à ressentir chaque extrémité de fibre comme une petite pointe. D'où la fameuse sensation de « ça gratte ».

Laine mérinos, le compromis souvent oublié

C'est un peu l'outsider de cette comparaison. Le mérinos, originaire d'Espagne mais aujourd'hui élevé surtout en Australie et en Nouvelle-Zélande, offre une finesse qui se rapproche du cachemire d'entrée de gamme. Pour un prix bien plus raisonnable.

Il a aussi un atout que le cachemire n'a pas vraiment : une excellente tenue dans le temps et une vraie aptitude à l'effort. Beaucoup de gens qui hésitaient entre les deux matières finissent d'ailleurs par craquer pour l'un de nos bonnets en laine mérinos, et ne le regrettent pas.

Chaleur et isolation : quel bonnet protège le mieux du froid ?

Bonnet en laine ou en cachemire : que choisir ?

Pouvoir isolant du cachemire à poids égal

On lit souvent que le cachemire serait « huit fois plus chaud que la laine ». Le chiffre circule partout. Il ne repose sur à peu près rien de sérieux.

Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'à poids égal, le cachemire isole mieux. Ses fibres très fines et légèrement frisées emprisonnent davantage d'air immobile, et c'est cet air qui fait barrière au froid. Un bonnet en cachemire de 80 grammes sera donc généralement plus chaud qu'un bonnet en laine standard du même poids.

Mais qui achète un bonnet à poids égal ? Personne. Un bonnet en grosse laine de 150 grammes, tricoté serré, tiendra souvent plus chaud qu'un cachemire fin et léger. La matière compte, la quantité de matière aussi.

La laine face à l'humidité, à la pluie et au vent

Là, la laine reprend l'avantage. Et nettement.

La fibre de laine peut absorber jusqu'à 30 % de son poids en eau tout en continuant à paraître sèche au toucher. Mieux : elle conserve une bonne partie de son pouvoir isolant même humide. Sous une pluie fine de novembre, un bonnet en laine continue de faire son travail.

Le cachemire, lui, supporte assez mal l'humidité prolongée. Mouillé, il s'alourdit, se tasse, perd son gonflant et donc sa capacité à retenir l'air. Face au vent, même constat : une maille fine et aérée laisse passer les rafales. Une maille de laine épaisse et dense les coupe bien mieux.

Épaisseur de maille, jauge et doublure : des critères aussi importants que la matière

C'est probablement le point le plus sous-estimé au moment de l'achat. Deux bonnets de même composition peuvent avoir un comportement radicalement différent selon leur construction.

La jauge désigne le nombre d'aiguilles par pouce sur la machine à tricoter. Une jauge basse (3, 5, 7) donne une grosse maille, épaisse et chaleureuse. Une jauge haute (12, 14, 16) produit un tricot fin et élégant, mais moins isolant.

La doublure change aussi la donne. Un bonnet doublé polaire ou doublé d'une seconde couche de tricot gagne énormément en chaleur, notamment au niveau des oreilles. Et le revers, ce bord retourné, crée une double épaisseur précisément là où on en a le plus besoin.

Conclusion un peu frustrante, peut-être : avant de regarder la matière, il faut regarder la maille.

Confort au porter : douceur, démangeaisons et peaux sensibles

Pourquoi certaines laines grattent

Tout le monde a en mémoire un pull offert par une grand-tante et porté une seule fois, le jour de Noël, pour lui faire plaisir. Ce souvenir a fait beaucoup de tort à la laine.

Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas une allergie à la laine (qui reste rare, et concerne plutôt la lanoline). C'est une réaction mécanique. Les fibres épaisses sont rigides : quand leur extrémité touche la peau, elles ne plient pas, elles piquent. Multipliez ça par des milliers de fibres, et le front se met à démanger au bout de vingt minutes.

Plus la fibre est fine, plus elle est souple. Et plus elle se couche au contact de la peau au lieu de la titiller. C'est aussi simple que ça.

Le toucher du cachemire sur le front et les oreilles

Le front et le haut des oreilles comptent parmi les zones les plus sensibles du corps. C'est là que le cachemire fait vraiment la différence.

Le toucher est enveloppant, presque soyeux. On oublie qu'on porte un bonnet. Pour les peaux réactives, les personnes sujettes à l'eczéma ou simplement celles qui ne supportent rien sur la tête, c'est souvent le seul matériau qui passe. Et associé à une écharpe en cachemire assortie, l'ensemble offre une douceur continue du cou jusqu'au sommet du crâne, ce qui, un matin de janvier, n'a rien d'anodin.

Respirabilité et gestion de la transpiration

Les deux fibres sont naturelles, donc respirantes. C'est un avantage énorme face à l'acrylique, qui fait transpirer puis refroidit la tête dès qu'on ressort du métro ou d'un magasin chauffé.

La laine, et le mérinos en particulier, gère remarquablement bien l'humidité corporelle : elle absorbe la vapeur d'eau et l'évacue progressivement. Elle a aussi une propriété appréciable, celle de limiter les odeurs. Le cachemire respire bien également, mais il est moins à l'aise quand la transpiration devient abondante.

Résistance et durée de vie : lequel vieillit le mieux ?

Le boulochage : phénomène normal ou signe de mauvaise qualité ?

Les petites boules qui apparaissent après quelques semaines inquiètent souvent. Faut-il y voir un défaut ? Pas nécessairement.

Le boulochage se produit quand des fibres courtes s'échappent de la maille sous l'effet des frottements (col de manteau, capuche, cheveux) et s'enroulent sur elles-mêmes. Toutes les fibres naturelles fines y sont sujettes. Le cachemire, très fin et parfois court, bouloche plus que la laine.

Un bon cachemire bouloche un peu au début, puis se stabilise une fois les fibres les plus courtes éliminées. Un cachemire médiocre, lui, n'arrête jamais. C'est d'ailleurs un assez bon indicateur de qualité, à posteriori malheureusement.

Tenue de la forme et élasticité de la maille

La laine possède une élasticité naturelle remarquable : la fibre, ondulée, revient à sa forme après avoir été étirée. Un bonnet en laine retrouve sa silhouette après chaque port.

Le cachemire est plus fragile de ce point de vue. Enfilé et retiré à la hâte des dizaines de fois, il a tendance à se détendre, surtout au niveau du bord côte. Un bonnet en cachemire bien fini aura des côtes serrées, parfois renforcées, pour limiter ce phénomène.

Cachemire bas de gamme : les pièges à éviter

Un bonnet « 100 % cachemire » à 25 euros ? La prudence s'impose.

Pour tirer les prix vers le bas, certains fabricants utilisent des fibres courtes (moins de 30 mm), plus épaisses, parfois mélangées à des poils de jarre mal triés. Le résultat est doux en rayon, souvent grâce à un adoucissant chimique qui disparaît au premier lavage. Puis la catastrophe : boulochage massif, maille qui se déforme, toucher qui devient rêche.

Des analyses menées ces dernières années sur des produits vendus en Europe ont aussi montré des taux de cachemire réels bien inférieurs à ceux annoncés, avec du yak, de la laine de mouton ou même des fibres synthétiques. Un vrai cachemire a un coût plancher. En dessous, quelque chose cloche.

Prix : ce que l'on paie vraiment

Fourchettes de prix d'un bonnet en laine et d'un bonnet en cachemire

Pour fixer les idées, voici les ordres de grandeur qu'on observe sur le marché :

  • Bonnet en laine standard : 20 à 45 euros.
  • Bonnet en mérinos ou laine française de qualité : 35 à 70 euros.
  • Bonnet en mélange laine-cachemire : 40 à 90 euros.
  • Bonnet 100 % cachemire de bonne facture : 70 à 150 euros.
  • Cachemire haut de gamme, tricoté en Écosse ou en Italie : 150 euros et au-delà.

Coût par port : raisonner sur plusieurs hivers

Un petit calcul change souvent la perspective. Un bonnet porté 90 jours par hiver, pendant cinq ans, cela fait 450 ports.

Un cachemire à 110 euros revient alors à environ 25 centimes le port. Un bonnet d'entrée de gamme à 20 euros qui ne passe pas la deuxième saison ? Environ 11 centimes le port, certes, mais il faudra en racheter un. Puis un autre. Et on n'a jamais eu vraiment chaud.

La vraie comparaison ne se fait donc pas entre laine et cachemire, mais entre un bonnet bien fait et un bonnet mal fait. Une bonne laine vaut mieux qu'un mauvais cachemire, toujours.

Mélanges laine-cachemire : bonne affaire ou compromis trompeur ?

Ça dépend entièrement des proportions. Un mélange 70 % laine mérinos et 30 % cachemire peut offrir une douceur agréable, une meilleure résistance que le pur cachemire et un prix contenu. C'est un compromis intelligent.

En revanche, un bonnet vendu comme « au cachemire » avec 5 % de cachemire mélangé à de l'acrylique ? Pur argument marketing. À ce dosage, la fibre noble n'apporte strictement rien de perceptible. On paie le mot, pas la matière.

Quel bonnet pour quel usage ?

En ville, au bureau et pour un style soigné

Le cachemire est dans son élément. Trajets courts, alternance entre intérieur chauffé et extérieur frais, tenue un peu habillée : il coche toutes les cases. Un modèle fin, en maille jersey ou côtes fines, dans une teinte sobre (camel, gris chiné, marine), s'accorde aussi bien avec un manteau en drap de laine qu'avec une doudoune.

Il se glisse dans une poche sans faire de bosse. Et il ne laisse pas les cheveux en bataille autant qu'une grosse maille, ce qui compte quand on a une réunion à 9 heures.

Montagne, randonnée et activités en extérieur

Ici, la laine s'impose sans vraie discussion. Neige, vent, humidité, frottements contre le sac ou la capuche : il faut une matière qui encaisse.

Un bonnet en grosse maille, idéalement doublé, avec un revers qui couvre bien les oreilles, fera un bien meilleur travail. Les modèles en laine des Pyrénées, en shetland ou en laine d'Islande ont fait leurs preuves bien avant l'invention des matières techniques. Et pour compléter l'équipement, une paire de gants en laine reste un classique indétrônable quand la température chute en fin de journée.

Sport et efforts intenses

Course à pied, ski de fond, vélo l'hiver : la transpiration devient le vrai sujet. Le cachemire n'est pas fait pour ça. Il deviendrait vite humide, lourd, et risquerait de se feutrer.

Le mérinos fin est ici le choix le plus pertinent. Léger, respirant, capable de garder la tête au chaud même un peu humide, il ne retient pas les odeurs. Un bonnet mérinos près de la tête, sans revers épais, se glisse aussi sous un casque sans gêner.

Idée cadeau : ce qui fait la différence

Offrir un bonnet, c'est un peu risqué. La taille, la couleur, le style… Pourtant, le cachemire a un avantage : peu de gens s'en offrent pour eux-mêmes. C'est typiquement le petit luxe qu'on apprécie de recevoir.

Un bonnet en cachemire dans une boîte soignée, avec éventuellement l'écharpe assortie, fait rarement un flop. Pour un proche sportif ou amoureux de montagne, une belle laine épaisse, tricotée en France, touchera tout autant, et racontera une histoire.

Tableau comparatif laine vs cachemire

Critère Laine (mouton, mérinos) Cachemire
Chaleur Très bonne, surtout en maille épaisse Excellente à poids égal, légèreté remarquable
Comportement à l'humidité Reste isolante même humide Perd son gonflant une fois mouillé
Douceur Variable : de rêche à très douce (mérinos) Exceptionnelle, adaptée aux peaux sensibles
Résistance Élevée, bonne tenue de la forme Plus fragile, bouloche davantage
Entretien Assez simple, certains modèles lavables en machine Délicat, lavage à la main recommandé
Prix 20 à 70 euros 70 à 150 euros et plus
Impact environnemental Modéré, filières locales et labellisées disponibles Plus lourd (surpâturage), sauf cachemire recyclé ou certifié

Reconnaître un bonnet de qualité en boutique ou en ligne

Lire l'étiquette : composition, origine, pourcentage réel de cachemire

La première chose à regarder, c'est la composition exacte, en pourcentage. « Cachemire » seul ne veut rien dire tant que le chiffre n'est pas affiché. En France, la mention de la composition est obligatoire, et chaque fibre doit être indiquée.

Méfiance aussi envers les appellations floues : « toucher cachemire », « cashmere feel », « façon cachemire ». Ces formules désignent presque toujours de l'acrylique ou du polyester brossé.

Le lieu de fabrication donne aussi des indices. Un cachemire filé et tricoté en Écosse ou en Italie bénéficie de savoir-faire industriels anciens et exigeants. Ce n'est pas une garantie absolue, mais c'est un signal plutôt rassurant.

Labels et certifications (RWS, Good Cashmere Standard, Woolmark)

Quelques labels méritent qu'on s'y arrête :

  • Woolmark : il atteste qu'un produit est en pure laine vierge et répond à des critères de qualité. Il concerne la laine, pas le cachemire.
  • RWS (Responsible Wool Standard) : il garantit le bien-être animal, l'interdiction du mulesing et une gestion responsable des pâturages.
  • Good Cashmere Standard : porté par l'Aid by Trade Foundation, il encadre le bien-être des chèvres, les conditions de travail des éleveurs et la préservation des sols.
  • SFA (Sustainable Fibre Alliance) : un autre référentiel pour le cachemire, très implanté en Mongolie.

Le test du toucher et de la maille

En boutique, quelques gestes simples en disent long. Frotter doucement la maille entre deux doigts : si des fibres se détachent immédiatement, mauvais signe. Tirer légèrement sur le bonnet puis relâcher : il doit revenir à sa forme sans rester distendu.

Regarder aussi la maille à contre-jour. Un tricot trop lâche, où l'on voit la lumière passer largement, isolera mal et s'abîmera vite. Et un cachemire trop « glissant », presque huileux, peut avoir été traité à l'adoucissant pour masquer une fibre de qualité moyenne.

En ligne, c'est forcément plus compliqué. Les fiches produits détaillées, avec composition, jauge, grammage et origine, sont un bon indicateur du sérieux d'un vendeur.

Impact environnemental et éthique des deux fibres

Surpâturage et désertification liés au cachemire

C'est le revers de la médaille, et il ne faut pas l'ignorer. La demande mondiale en cachemire a explosé depuis les années 1990. En Mongolie, le cheptel de chèvres a été multiplié par plusieurs fois depuis la fin de l'économie planifiée.

Or les chèvres broutent en arrachant les racines et abîment les sols avec leurs sabots pointus. Une partie importante des prairies mongoles est aujourd'hui considérée comme dégradée, et la désertification progresse. Le cachemire à bas prix alimente directement ce cercle vicieux.

Mulesing, traçabilité et laines françaises

La laine n'est pas exempte de critiques pour autant. Le mulesing, pratique encore répandue en Australie, consiste à retirer des bandes de peau autour de la queue des moutons mérinos pour éviter les infestations de mouches. Il se pratique souvent sans anesthésie. Les labels RWS et la mention « mulesing-free » permettent d'éviter ces filières.

Bonne nouvelle, en revanche : les laines françaises reviennent. Pendant des décennies, une grande partie de la laine des moutons français était jetée ou brûlée, faute de débouchés. Des filatures et des collectifs d'éleveurs relancent aujourd'hui une production locale, traçable, avec un bilan carbone bien plus léger. Ces laines sont parfois un peu plus rustiques, mais elles ont un vrai caractère.

Cachemire recyclé : une alternative crédible ?

Plutôt oui. Le cachemire recyclé est obtenu à partir de chutes de production ou de vêtements usagés, effilochés puis refilés. L'empreinte environnementale chute de façon spectaculaire, puisqu'aucune nouvelle chèvre n'est sollicitée.

La contrepartie : les fibres sont raccourcies par le processus. Elles sont donc souvent mélangées à de la laine vierge pour garder une certaine tenue. Le toucher est un peu moins fondant qu'un cachemire neuf haut de gamme. Mais pour un bonnet porté au quotidien, c'est un choix de plus en plus défendable.

Entretien : faire durer son bonnet plusieurs saisons

Lavage à la main ou en machine : les bons réglages

Première règle, souvent oubliée : un bonnet en laine ou en cachemire n'a pas besoin d'être lavé souvent. Deux ou trois fois par hiver suffisent largement. Entre-temps, une aération à l'air libre fait des merveilles, grâce aux propriétés naturellement antibactériennes de la fibre.

Pour le cachemire, le lavage à la main reste la méthode la plus sûre. Une eau tiède (30 °C maximum), une lessive spéciale laine ou un shampoing doux, pas de frottement, pas de torsion. On presse délicatement, on rince à la même température. Les chocs thermiques et le frottement provoquent le feutrage, qui est irréversible.

Pour la laine, certains bonnets portent la mention « lavable en machine » : les fibres ont alors été traitées contre le feutrage. Dans ce cas, programme laine, 30 °C, essorage très faible, et un filet de lavage. Sans cette mention, la main reste la règle.

Séchage à plat et rangement contre les mites

Jamais de sèche-linge. Jamais de radiateur. Le bonnet s'égoutte dans une serviette éponge roulée, puis sèche à plat, en lui redonnant sa forme à la main.

Pour le rangement estival, les mites sont l'ennemi numéro un. Elles adorent la kératine des fibres animales, surtout si le vêtement a été porté et garde des traces de sébum. D'où l'importance de ranger le bonnet propre, dans une housse en coton, avec quelques copeaux de cèdre ou un sachet de lavande. Les boules antimites chimiques, elles, sont à oublier : l'odeur imprègne la fibre pour des mois.

Retirer les bouloches sans abîmer la fibre

Le rasoir antibouloches électrique fonctionne, mais il faut y aller avec légèreté : trop appuyer revient à trouer la maille. Le peigne à cachemire, petit outil à dents fines, est plus doux et plus précis.

Une astuce qui revient souvent chez les amateurs de tricot : passer le bonnet au congélateur quelques heures, dans un sac. Les fibres se rigidifient légèrement et les bouloches se détachent plus facilement. Efficace ? Les avis divergent. Mais ça ne coûte rien d'essayer.

Notre verdict : laine ou cachemire, comment trancher ?

Au fond, la question n'est pas de savoir quelle matière est la meilleure, mais laquelle convient à votre hiver. Quelques profils pour s'y retrouver :

  • Le citadin élégant, qui marche dix minutes jusqu'au bureau et apprécie les belles matières : le cachemire, sans hésiter, dans une maille fine et une couleur sobre.
  • Le randonneur ou l'habitué de la montagne : une laine épaisse, idéalement doublée, qui résiste au vent et à la neige.
  • Le sportif d'hiver : le mérinos fin, léger et respirant.
  • La peau sensible : cachemire ou mérinos extra-fin, surtout pas de laine épaisse au contact du front.
  • Le budget serré, mais exigeant : un bon mérinos ou un mélange laine-cachemire honnête, plutôt qu'un cachemire à prix cassé.
  • L'acheteur soucieux de l'environnement : laine française, laine certifiée RWS ou cachemire recyclé.

Et pourquoi pas les deux ? Beaucoup finissent par avoir un bonnet en cachemire pour la semaine et un modèle en grosse laine pour le week-end. Un bon bonnet à pompon en laine pour les sorties en plein air, un cachemire discret pour la ville : la combinaison couvre à peu près toutes les situations d'un hiver français. Le plus important, finalement, c'est de choisir une pièce bien faite, dans une matière honnête, et d'en prendre soin. Elle vous le rendra pendant de longues années.

FAQ

Un bonnet en cachemire est-il plus chaud qu'un bonnet en laine ?

À poids égal, oui, le cachemire isole mieux grâce à la finesse de ses fibres. Mais en pratique, un bonnet en laine épaisse et bien tricoté peut tenir tout aussi chaud, voire davantage, surtout par temps humide ou venteux. L'épaisseur de la maille, la jauge et la présence d'une doublure comptent autant que la matière.

Le cachemire gratte-t-il ?

Un vrai cachemire de qualité ne gratte pas. Ses fibres, de 14 à 19 microns, sont trop fines pour irriter la peau. Si un bonnet vendu comme cachemire provoque des démangeaisons, c'est souvent le signe d'un mélange avec d'autres fibres plus épaisses ou d'un cachemire de mauvaise qualité, mal trié.

Pourquoi mon bonnet en cachemire bouloche-t-il ?

Le boulochage est normal les premières semaines : les fibres les plus courtes s'échappent de la maille sous l'effet des frottements. Sur un bon cachemire, le phénomène diminue ensuite nettement. S'il persiste et s'aggrave, il y a de fortes chances que les fibres utilisées soient trop courtes, signe d'un cachemire bas de gamme.

Peut-on laver un bonnet en laine en machine ?

Seulement si l'étiquette l'autorise explicitement. Dans ce cas, choisissez le programme laine, une température de 30 °C maximum, un essorage minimal et un filet de protection. Sans cette mention, le lavage à la main à l'eau tiède reste la seule option sûre pour éviter le feutrage.

Quel prix minimum pour un vrai bonnet en cachemire ?

Il est difficile de trouver un bonnet 100 % cachemire de qualité correcte en dessous de 60 à 70 euros. En deçà, la matière première seule rend l'équation économique quasi impossible sans compromis sur la longueur des fibres ou la composition réelle. Un prix trop bas doit inciter à relire l'étiquette avec attention.